Cane Corso : le problème n’est pas la couleur
Aujourd’hui, il est temps de tirer la sonnette d’alarme et d’arrêter de se taire.
Le Cane Corso fait face à une inquiétude sanitaire grandissante, avec des cas d’épilepsie et d’autres problèmes de santé qui interrogent de plus en plus les éleveurs et les propriétaires.
Pendant des années, la course aux couleurs « tendance », notamment le bleu, a servi de vitrine marketing. Face à l’apparition de problèmes bien connus associés aux robes diluées, certains reviennent aujourd’hui vers des couleurs classiques comme le noir.
Mais ne vous y trompez pas : la couleur n’est qu’un manteau. Le vrai problème est en dessous.
La couleur d’un chien ne crée pas sa santé. Et revenir du bleu au noir ne règle absolument rien si, derrière, on continue à concentrer les mêmes familles et les mêmes ancêtres génération après génération.
C’est là que la question de la consanguinité et de l’hyper-fixation des lignées doit être posée.
Répéter les mêmes ancêtres dans les pedigrees réduit la diversité génétique disponible et augmente la probabilité que certains variants délétères, parfois invisibles chez leurs porteurs, se retrouvent associés chez leurs descendants.
Cela ne signifie pas que la consanguinité « crée » à elle seule une maladie. Mais lorsqu’une population se referme et que les mêmes familles sont utilisées de manière répétée, le risque de concentrer certains problèmes génétiques augmente.
Épilepsie, dysplasie, problèmes cutanés ou autres affections héréditaires ne disparaissent donc pas parce qu’un chien change de couleur.
Repeindre une façade ne répare pas les fissures.
Changer la couleur d’une lignée pour rassurer les acheteurs, sans remettre en question la diversité génétique et la répétition des mêmes courants de sang, ne constitue pas une véritable démarche de sélection sanitaire.
La vraie sélection ne consiste pas à suivre une mode, puis à fuir une couleur lorsque ses conséquences deviennent gênantes.
Elle consiste à regarder les pedigrees dans leur profondeur, connaître les familles que l’on utilise, évaluer les risques, tester la santé lorsque cela est possible, préserver la diversité génétique et surtout accepter de remettre ses propres choix en question.
Sélectionner, ce n’est pas seulement choisir le plus beau chien. C’est aussi décider quel patrimoine génétique on transmettra aux générations suivantes.
Et cette responsabilité-là ne disparaît pas avec la
couleur du poil.





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